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© Pascal Gély

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Cages

d’après la trilogie
La cage (fille de notaire), Zones d’ombre, Version des faits

de Stefano Massini

Traduction Gloria Paris et Yannic Mancel


Le hasard a voulu que j’aie commencé à traduire cette pièce tout en lisant le scénario de Sarabande, dernier film d’Ingmar Bergman où il est question d’un père avec son fils, sa petite fille et son ex-femme et de l’indicible des sentiments familiaux… 
Gloria Paris, mars 2016


L’écriture de Massini est aussi précise que profonde dans l’investigation de l’intime et de la relation familiale. Avec très peu de mots il met en lumière l’indicible du rapport à l’autre. La langue italienne de Massini est limpide et essentielle. Il est plus préoccupé par le fond que par la forme, les mots sont précis et indispensables. Chaque réplique fait avancer le récit et, tout en respectant le suspens nécessaire à la curiosité du lecteur, il avance inexorablement vers le dénouement.
Ces trois pièces sont construites symétriquement, après un premier temps de refus du dialogue, qu’on pourrait appeler le temps des retrouvailles et dans lequel les personnages se cherchent, on touche au coeur du sujet et les personnages doivent puiser en eux-mêmes le courage de dévoiler la face cachée de leurs actes et de leurs pensées.
En tant qu’italienne qui traduis vers le français à quatre mains avec Yannic Mancel, je trouve un grand intérêt à voyager dans ma langue maternelle et à chercher la même précision dans la langue française que je parle depuis trente ans. Massini nous guide dans les méandres de l’intime avec la précision d’un chercheur. Devoir traduire dans une autre langue ses mots introduit une certaine distance avec l’émotion qu’elles m’ont procurée à la première lecture: la distance nécessaire au travail de mise en scène. La traduction me donne une telle connaissance de la pièce de l’intérieur et dans ses moindres recoins, que j’aimerais pouvoir le faire à chaque fois que je dois mettre en scène un texte.
On peut aller jusqu’à dire comme le suggérait Antoine Vitez que mettre en scène est une sorte de « traduction » de la pièce dans l’espace avec les acteurs, pour lequel il faut trouver un langage scénique spécifique et nouveau pour chaque spectacle.

mise en scène/dramaturgie Gloria Paris

scénographie et lumières Laurent P. Berger

assistés par Laurène Folleas


avec Jeanne Fremy, Robin Gros, Evelyne Istria, Mariamne Merlo, Pélagie Papillon, Lorine Wolff


Création les 4, 11 et 18 décembre 2017 20h30

Théâtre des Arts scène Nationale Cergy-Pontoise


Info


Lecture à Confluences, Paris

samedi 11 juin 2016 19H30

© Pascal Gély


Cages aborde les sujets du terrorisme des Brigades Rouges italiennes, et donc du terrorisme au sens plus large; de l’euthanasie, et du droit au non acharnement thérapeutique; de la corruption dans le marché de la construction des bâtiments et de ses “dommages collatéraux”. 
En fait, avec subtilité et intelligence tel un spéléologue il éclaire, sans l’éclat du grand jour, certaines de nos sinuosités, de nous les humains, avec nos pulsions face à la société, face aux proches et, surtout, face à nous-mêmes. 

La mise en scène renonce à tout oripeau, recherche l’essentiel: l’espace, presque vide, où les multiples chaises installées font œuvre en soi, les corps fragiles, des actrices et de l’acteur deviennent les caisses de résonance de leurs voix grâce à un travail de recherche sur l’amplification qui permets de rejoindre le réel et l’intime. Cela crée un effet de mise en perspective, et laisse la place aux confrontations pudiques et brutales à la fois, dans l’isolement et la réverbération. Chacun est dans sa cage, visible ou invisible. 


Paris décembre 2017
Simona Polvani