Eva Peròn de Copi

création Athénée Théatre Louis-Jouvet - Paris, 2004

avec Bruno Fleury, Alain Gautré, Christine Gagnieux, Nathalie Lacroix, Edith Scob


Scénographie et costumes Christine Lamblin-Kunstlinger

Lumière pascal Sautelet

Maquillage et coiffures Cécile Kretschmar

Espace sonore Jean-Luc Bardyn


Copi (1939-1987) sait donner chair à des personnages féminins qui par leur démesure élégante deviennent des véritables figures. Dans cette pièce Eva Perón est au centre, personnage principal certes, mais l’auteur n’a pas écrit une fresque historique ou politique, ni tracé un portrait psychologique. Il a saisit les derniers instants de la vie d’Evita (1919-1952) entre sa mère, une infirmière, le conseiller Ibiza et bien sûr Juan Perón (1895-1974). Il s’agit d’Eva Perón et de toute sa mythologie; mais ce pourrait être quelqu’un d’autre. Une icône. Une image manipulée, liée à un pouvoir totalitaire et populaire, là-bas, ailleurs, autrefois ou ici, tout près. Le corps d’Eva Perón est mis en scène, façonné, transformé, mis à mal, échangé. Il ne lui appartient plus, à terme il lui faut l’abandonner. Et le terme est venu. A la blessure sociale s’ajoute la blessure physique, à la peur des coups (d’état) l’angoisse de la mort. Il s’agit ici de souffrances multiples, face auxquelles la mort peut constituer une des issue.  

Dans une perpétuelle tension toujours ressaisie avant d’atteindre le paroxysme, les personnages en présence évoluent mués par des énergies complémentaires. J’ai choisi de réunir, du fait de leur différence de jeux ces acteurs que j’ai aimés à différentes époques  depuis que je vis en France. Ces acteurs ont en commun, à mes yeux, la capacité de traverser les excès  du verbe et de  la chair  avec la violence et la stylisation nécessaires pour accéder à l’invisible. 

En regard de ces êtres haut en couleur la scénographie est  sobre et minimaliste. J’ai souhaité un espace symbolique, lieu de possibles projections oniriques, habité par les voix et les corps des acteurs tels les personnages d’un rêve éveillé.

Cette pièce est une farce, dans la lignée de Jarry, d’Artaud, de Genet, par moment surprenante et troublante, par moment grossière et infantile, - un théâtre de marionnettes où chaque personnage, agi par une pulsion, agit sur les autres, - un jeu d’apparition-disparitions de figures grotesques, primaires et emblématiques.

J’ai voulu faire de ce spectacle l’équivalent d’un rêve libérateur et provocateur donnant la sensation d’avoir touché à une vérité importante qui au réveil échappe à nouveau, insaisissable et narquoise.

Gloria Paris, 2003

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Les tourbillons de la mort folle d’Eva Peron.

La mise en scène de Gloria Paris est risque-tout. Le dedans d’un cube blanc et noir. Des ouvertures géantes, qui pivotent, donnent ou se ferment sur “zéro ou l’infini”. Eva, sa mère, l’infirmière, se meuvent et s’expriment par à-coups, comme dans les tous premiers films muets. Elles évoquent un déséquilibre des battements du coeur, tachycardie et arythmie. Dans cette mise en scène, jouée net, clair, coupant, ubis sur l’ongle, par les grandes actrices Edith Scob (la mère) Christine Gagnieux (Eva), par Alain Gautré (Peron), Bruno Fleury (le conseiller), Nathalie Lacroix (l’infirmière), Eva Peròn de Copi est un sommet du théâtre. L’art du théâtre hors tout.

Michel Cournot 26 janvier 2004

Le Figaro

Cruauté clinique

Gloria Paris qui signe la mise en scène de ce spectacle bref et acide, donne immédiatement une tonalité de bande dessinée et un rythme saccadé de film muet à la représentation.

Avec Copi il faut se tenir sur un fil et ne jamais basculer. Il faut accepter l’outrance, mais comme un enfantillage, un fruit du vert paradis. Il y a beaucoup d’intelligence et de tendresse en circulation sur le plateau.

Armelle Héliot 16 Janvier 2004

© Pascal Gely / agence Bernand

© Pascal Gely / agence Bernand

© Philippe Delacroix.prod

© Philippe Delacroix.prod