Filumena Marturano d’Eduardo de Filippo

création Athénée Théatre Louis-Jouvet - Paris, 2006

tournée 2007

avec Pierre Ascaride, Marie Ballet, Pierre Barrat, Bruno Fleury, Christine Gagnieux, Kamel Isker, Evelyne Istria, Sabrina Kourouguli, Alain Libolt, Cécile Péricone, Stéphen Szekely, Daniel Tarrare, Anne-Laure Tondu, Thibaud Vinçon,


Traduction Fabrice Melquiot

Scénographie et costumes Cristina Gaetano

Lumière Pascal Sautelet

Maquillage Catherine Saint-Sever


Dix-neuf ans après avoir quitté l’Italie pour toujours, je suis de retour et je me promène sur l’île d’Ischia avec l’âme tranquille de celle qui a « pris du recul » par rapport à ses origines. Et voilà qu’une voix de femme s’impose à moi via la radio, je ne sais pas qui elle est, plus elle avance plus je l’écoute, et une émotion jusqu’alors inconnue m’envahit. Seulement à la fin de l’émission, je découvre qu’il s’agit de Filumena Marturano, pièce d’Eduardo De Filippo, adaptée à l’écran par Vittorio De Sica dans Mariage à l’italienne.

Filumena n’est pas une femme, elle est toutes les femmes de mon enfance qui se tiennent droites devant le monde et devant elles-mêmes. Celles qui m’ont fait fuir, que je porte en moi malgré moi. Elles m’ont fait peur, m’ont insupportée, m’ont poussée à partir et à devenir celle que je suis aujourd’hui.

Comment est-il possible que j’arrive maintenant à écouter ces paroles qui me font même pleurer ? Quelle magnifique alchimie a pu défaire un nœud si douloureux, et ouvrir un chemin de retour possible vers ma culture ?

Quelques mois plus tard pendant que je travaille sur ce projet, je lis cette phrase qu’Eduardo De Filippo écrivait dans ses leçons de théâtre : « Il y a une seule pièce que j’ai écrite en douze heures: Filumena Marturano ; parce que j’en avais besoin. Elle m’est venue d’un seul jet ».

C’était en 1946, Eduardo avait 46 ans et il était déjà à l’heure de sa maturité artistique. Ce qui le traversait était sans doute lié à son état de fils naturel de l’homme de théâtre napolitain Eduardo Scarpetta et j’entends aujourd’hui, au-delà de l’imbroglio familial, dans la voix de la «simple femme» qu’il a inventée, toutes les aspirations d’après-guerre d’un peuple dont je suis un des enfants errants.

Je suis partie d’une Italie où tous les jeux me semblaient joués d’avance, à la recherche de quelque chose qui s’appelle la légitimité au-delà de l’appartenance et j’y  reviens maintenant par le théâtre.

Gloria Paris, 2004

Farce et tragique dans un couple napolitain.

Cette pièce d’Eduardo de Filippo a deux faces. L’une, c’est un récit de société, pas drôle du tout. L’autre c’est une comédie à la napolitaine, presque une farce. Une oeuvre double qu’il faut monter et jouer sur le fil du rasoir. L’excellence des acteurs est d’évidence l’oeuvre de la mise en scène de Gloria Paris, qui a su distribuer en finesse les noirs et les roses de cette tragi-comédie.

Michel Cournot 9 Avril 2006




Eduardo triomphe à Paris

Scénographie épurée, espaces lumineux, les acteurs semblent avoir bien compris la complexité de l’écriture d’Eduardo e de ses humeurs.Une Filumena nerveuse et douce à la fois, Christine Gagnieux excellente et très intense.

Giulio Baffi 25 Febbraio 2006




Filumena d’Eduardo devient une parabole

Le spectacle de Gloria Paris donne un image de concentration, de limpidité. On va droit au but. Dans cette version la comédie d’Eduardo devient une parabole essentielle, un comte moral.  La comédie larmoyante se contient dans la nécessité du choix auquel la Gagnieux conduit son partner, le sobre Alain Libolt.

Franco Cordelli 5 novembre 2007


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