C’est pas pour me vanter deux pièces en un acte

d’Eugène Labiche La grammaire et 29° à l’ombre

création Théâtre du Nord - Lille, 2009

tournée 2010


Avec Bruno Fleury, Anne-laure Tondu, Pasca Ternisien, Stephen Szekely, Serge Tranvouez


Dramaturgie Yannic Mancel

Scénographie Laurent P. Berger

Lumière Gilles Gentner

Costumes Axel Aust

Maquillage et coiffures Cécile Kretschmar

Sons Christophe Delforce


Au-delà des grandes pièces de Labiche, j’ai trouvé dans La grammaire et dans 29 degrés à l’ombre le condensé d’une mécanique théâtrale implacable et l’engagement audacieux, provocateur, d’un homme au regard critique et acéré. Le rapport du bourgeois à l’instruction et à sa propre ignorance, dans La grammaire, fait écho à la velléité de la classe dominante de vouloir construire une « maison d’école » en jouant au tonneau pur de l’argent, dans 29 degrés à l’ombre! : « Il est bon que de temps à autre, l’obole du pécheur vienne grossir le budget de la moralisation des masses ! … ». Cette réplique sonne très fort, aujourd’hui encore, et fait mouche.

« Je me suis adonné presque exclusivement à l’étude du bourgeois, du philistin. Cet animal offre des ressources sans nombre à qui sait le voir, il est inépuisable. C’est une perle de bêtise qu’on peut monter de toutes les façons » (lettre du 27 octobre 1880 à Léopold Lacour). Egocentrisme, vanité, cupidité, infidélités conjugales, hypocrisies en tout genre sont ici déclinés avec la précision d’une satire grinçante.

Cinq comédiens jouent dans les deux pièces et font une « composition » subtile pour séduire notre œil contemporain déshabitué à l’invraisemblable. Le dispositif scénique est privé des références encombrantes du XIXe siècle.

Je suis convaincue que la farce grinçante à tentation surréaliste est l’outil le plus efficace pour atteindre et questionner le spectateur d’aujourd’hui au plus profond de son imaginaire poétique et de sa conscience critique.

Gloria Paris, 2009

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Labiche aux abois devant la bêtise.

Respectant à la lettre l’esprit de ces deux vaudevilles Gloria Paris les transplante sans heurt dans notre bel aujourd’hui et, pour le coup, ça dépote au sens littéral.

C’est moulu fin dans le jeu, par une équipe de comédiens inventifs experts en transformations pittoresques. Ils sont toujours justes, jusque dans le trait souligné propre à la caricature. Gloria Paris, qui est italienne, injecte sur la scène quelques savoureuses postures héritées du théâtre populaire dit de “varietà”, qu’aima tant Fellini. Elle laisse subtilement entendre que, de la pièce de cent sous d’hier au grand emprunt d’à présent, la bourgeoisie a perdu du ventre mais demeure telle qu’en elle--même son éternité la change.

Jean-Pierre Léonardini 21 Décembre 2009

© Pidz

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