Filumena Marturano

Filumena n’est pas une femme, elle est toutes les femmes de mon enfance qui se tiennent droites devant le monde et devant elles-mêmes. Celles qui m’ont fait fuir, que je porte en moi malgré moi. Elles m’ont fait peur, m’ont insupportée, m’ont poussée à partir et à devenir celle que je suis aujourd’hui.

Comment est-il possible que j’arrive maintenant à écouter ces paroles qui me font même pleurer ? Quelle magnifique alchimie a pu défaire un nœud si douloureux, et ouvrir un chemin de retour possible vers ma culture ? Je suis partie d’une Italie où tous les jeux me semblaient joués d’avance, à la recherche de quelque chose qui s’appelle la légitimité au-delà de l’appartenance et j’y reviens maintenant par le théâtre avec la promesse d’une émancipation.

D’Eduardo de Filippo
Mise en scène Gloria Paris
Traduction Fabrice Mélquiot
Scénographie et costumes Cristina Gaetano
Lumière Pascal Sautelet
Maquillage Catherine Saint-Sever
avec Pierre Ascaride, Marie Ballet, Pierre Barrat, Bruno Fleury, Christine Gagnieux, Kamel Isker, Evelyne Istria, Sabrina Kourouguli, Alain Libolt, Cécile Péricone, Stéphen Szekely, Daniel Tarrare, Anne-Laure Tondu, Thibaud Vinçon

Création 22 Février 2006, Arc-en-Ciel Théâtre de Rungis, France

Dix-neuf ans après avoir quitté l’Italie pour toujours, je suis de retour et je me promène sur l’île d’Ischia avec l’âme tranquille de celle qui a « pris du recul » par rapport à ses origines. Et voilà qu’une voix de femme s’impose à moi via la radio, je ne sais pas qui elle est, plus elle avance plus je l’écoute, et une émotion jusqu’alors inconnue m’envahit. Seulement à la fin de l’émission, je découvre qu’il s’agit de Filumena Marturano, pièce d’Eduardo De Filippo, adaptée à l’écran par Vittorio De Sica dans Mariage à l’italienne.

Quelques mois plus tard pendant que je travaille sur ce projet, je lis cette phrase qu’Eduardo De Filippo écrivait dans ses leçons de théâtre : « Il y a une seule pièce que j’ai écrite en douze heures: Filumena Marturano ; parce que j’en avais besoin. Elle m’est venue d’un seul jet ».

C’était en 1946, Eduardo avait 46 ans et il était déjà à l’heure de sa maturité artistique. Ce qui le traversait était sans doute lié à son état de fils naturel de l’homme de théâtre napolitain Eduardo Scarpetta et j’entends aujourd’hui, au-delà de l’imbroglio familial, dans la voix de la «simple femme» qu’il a inventée, toutes les aspirations d’après-guerre d’un peuple dont je suis un des enfants errants.

Je suis partie d’une Italie où tous les jeux me semblaient joués d’avance, à la recherche de quelque chose qui s’appelle la légitimité au-delà de l’appartenance et j’y reviens maintenant par le théâtre avec la promesse d’une émancipation.

Gloria Paris, 2004


14-25 novembre 2007
Teatro Mercadante (Naples, Italie)

30 octobre – 4 novembre 2007
Teatro Valle (Rome, Italie)

11-14 avril 2006
Maison de le Culture de Loire Atlantique (Nantes, France)

2 mars – 1 avril 2006
Théâtre de l’Athénée Louis-Jouvet (Paris, France)

22-24 Février 2006 – Création
Arc-En-Ciel Théâtre de Rungis (Rungis, France)

Maquette scénographie Filumena Marturano, Cristina Gaetano, 2006



Tags: